Martin Pring est un célèbre mathématicien qui est à l’origine de nombreuses théories utilisées en analyse technique. Il est notamment connu pour ses apports en matière de psychologie des marchés ainsi que pour ses développements sur le momentum (indicateur de tendance). Le point qui m’intéresse aujourd’hui est la décomposition qu’il présente des cycles économiques. C’est assurément un outil précieux pour savoir où nous en sommes.
◊ La théorie des cycles de Pring
Avant d’investir, il est primordial de savoir où l’on se situe dans le cycle économique et boursier. Martin Pring a donc analysé les comportements des différentes grandes classes d’actifs (taux, actions, matières premières) au cours des cinquante dernières années. De ces observations, il a pu en déduire la répétition de différentes étapes (“stages” en anglais).
Voyons ce que donne l’évolution des taux d’intérêt, du marché actions (S&P500) et des commo. Le tableau ci-dessous illustre ainsi les performances du S&P 500 entre 1995 et 2006.

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Pour synthétiser disons que son étude peut se résumer ainsi. En période de détente des taux d’intérêt (stage I sur le tableau ci-dessus, la performance boursière des contrats étant alors positive), les conditions économiques s’améliorent (la propension à emprunter augmente).
Cela a alors pour conséquence un rebond des marchés actions (stage II) puis ensuite un transfert vers les matières premières (stage III). En stage IV, les taux commencent à remonter ; s’en suit un épuisement de la hausse des actions (stage V) ; la pentification de l’obligataire s’accélère et rattrape enfin les actions et matières premières qui décrochent (stage VI).
◊ Extrapolation sur la situation des marchés en 2011
Extrapolons cet arbre à situation des marchés à aujourd’hui. Nous pouvons affirmer une chose : l’envolée des matières premières ces derniers mois nous positionne très probablement aujourd’hui en phase V du cycle. D’ailleurs, un autre élément va également dans ce sens. Le début de détente observé dernièrement sur les métaux industriels ou sur les indices pourrait même confirmer l’entrée en phase VI.
Si tel était le cas, les prochaines semaines s’avèreront très chahutées sur les actions (-12,71% en phase VI et -11,64% en phase I ensuite).
Le graphique suivant, qui illustre l’évolution du cours du contrat Bund en prix (quand le contrat baisse, les taux longs montent et inversement), vient confirmer cette hypothèse. La performance boursière négative des contrats depuis septembre dernier nous placerait donc bien en phase V très probablement (vu l’ampleur de la baisse subie depuis septembre dernier).
Nous ne sommes donc plus dans un cycle de détente des taux d’intérêt (le problème de l’inflation importée n’a jamais été aussi présent ces derniers mois) : nous pouvons donc exclure un positionnement dans les premiers stages du cycle (I à III).

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Cela revient donc à dire qu’une période faste au cours des prochaines semaines/mois sur les indices et matières premières est exclue ! Si le modèle de Pring se vérifie, le “gros” de la hausse des indices boursiers pourrait finalement bien être derrière nous…



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