Un nouveau krach est-il possible ?

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Responsable analyste de Levier7, un service de trading sur les produits dérivés

C’est fou ce que l’ambiance sur les marchés peut changer en quelques mois.

Mi-2010, tout le monde parlait de fin de la zone euro, de récession, de “double dip” alors que le marché venait de subir une phase de correction au printemps. Le consensus était très négatif, personne ne croyait à une progression significative des marchés, et certains évoquaient même un risque de krach avec le Présage d’Hindenburg en août 2010.

Je ne pensais pas que les conditions étaient réunies techniquement pour ma part, et l’été dernier, les abonnés de mon service Levier7 comme ceux qui me lisent régulièrement le savent, j’étais alors très optimiste contre vents et marées, contrairement à une majorité des intervenants. [Ndlr : et l'analyse de Sébastien fut la bonne : il a clôturé l'année 2010 sur une performance cumulée de 524,40%, pour une performance moyenne de 5,76% tous les 13 jours ! Profitez vous aussi des analyses concrètes en temps réel de Sébastien...]

Depuis, le marché a fortement progressé, et même dépassé les plus hauts de l’année dernière ; assez nettement outre-Atlantique mais de peu pour le CAC 40.

Ces dernières semaines, la volatilité se fait de plus en plus faible tandis que le consensus est devenu de plus en plus haussier – Philippe Béchade vous le disais encore vendredi dernier. En tant que contrarien, cela me rend évidemment prudent, voire pessimiste, et ce n’est pas sans me rappeler l’année 2007. Les révolutions tunisiennes, égyptiennes, les matières premières à des prix historiques, les mauvais résultats des banques américaines, rien n’y fait, le marché y semble insensible, mais monte de plus en plus difficilement et ne bouge quasiment plus…

Certains indices, comme le Nasdaq en particulier, mais aussi le Dax, l’indice allemand, plus près de nous, sont d’ailleurs revenus proches de leurs plus hauts de 2007. Pourtant, depuis 2007, que s’est-il passé ? La croissance a diminué et le chômage a augmenté. Or depuis 2 ans, avec le quantitative easing, la Fed a reproduit la situation qui a précédé la terrible crise des subprime et la correction de 2007, soutenant le marché de manière artificielle avec un afflux de liquidités sans précédent.

Alors que nous revenons déjà proche des niveaux d’avant crise sur certains indices, je voudrais donc faire un point avec vous sur deux indicateurs de sentiment : le VIX et le pourcentage d’actions au-dessus de leur moyenne mobile à 50 jours. Dans les deux cas, je vais m’intéresser au marché le plus large possible avec le S&P 500, indice large américain très significatif.

Le VIX sur ses plus bas de 2010…
Commençons par l’indice de volatilité du S&P, dont je parle régulièrement à mes abonnés à Levier7 dans mes points hebdomadaires ou mes vidéos, avec ce graphique en données hebdomadaires :

Graphique du VIX

Pour rappel, le VIX comme la plupart des indicateurs de sentiment est à utiliser de manière contrarienne. C’est-à-dire qu’une volatilité très forte indique que nous sommes dans une période d’excès baissier. C’est ce qui s’est passé lors des pics du VIX fin 2008 ou plus récemment, fin mai 2010, précédant de quelques semaines à chaque fois un point bas sur le marché.

Au contraire, lorsque le VIX est sur un point bas, cela montre un optimisme excessif des opérateurs dans un marché qui n’arrive plus à progresser : la dynamique de la hausse est de plus en plus faible, situation qui précède souvent un point haut de marché. Je m’interrogeais en octobre 2010 pour savoir si nous étions dans une situation d’excès et je concluais que ce n’était pas le cas.

Comme vous le voyez sur le graphique ci-dessus, ces dernières semaines, nous sommes revenus sur une zone de support majeur à 15, niveau d’avril 2010 où nous étions juste avant une correction significative de l’année dernière sur les indices. En d’autres termes, nous sommes maintenant entrés dans une situation d’excès et il faudra être particulièrement prudent dans les prochaines semaines voire les prochains mois.

Passons maintenant à notre second indicateur de sentiment pour voir s’il confirme cette idée avec le pourcentage d’actions du S&P au-dessus de leur moyenne mobile à 50 jours.

Le pourcentage d’actions du S&P au-dessus de leur MM50 flirte avec les excès

Graphique du S&P500

Ici aussi, nous flirtons avec les extrêmes sur l’indicateur, qui a plafonné ces dernières semaines à un peu plus de 80% au-dessus de leur moyenne mobile à 50 jours avant d’entamer un récent déclin… alors que les cours continuent à progresser légèrement.

Cet élément me semble particulièrement intéressant car ce retournement précoce illustre à mon avis le manque d’homogénéité du marché dans la hausse récente. Pour être encore plus clair, certaines actions voire des secteurs entiers ne suivent plus le mouvement, et cela doit nous alerter au plus haut point.

Sauf que plus personne ne parle de ces risques, tous se gargarisent dans la hausse. La situation actuelle peut encore durer quelques temps mais elle paraît aussi de plus en plus intenable à moyen terme, et il faut en être conscient. Evidemment, j’adapte mes trades en conséquence. Commencez à faire pareil.

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Sébastien Duhamel

Sébastien Duhamel est diplômé de l'Institut national des Télécommunications, de l'université Paris-Dauphine, et d'un MBA Finance.

Après avoir travaillé dans différentes banques comme BNP Paribas ou la SGAM, et chez plusieurs courtiers en bourse, il se spécialise en analyse technique, qui le passionne depuis une dizaine d'années.

Il a travaillé dans ce domaine pour les particuliers comme pour les plus grands établissements financiers (banques, sociétés de gestion d'actifs, hedge funds). Il s'est d'abord spécialisé sur les actions, couvrant successivement les actions européennes, américaines, canadiennes, et suisses pour divers professionnels.

Il a acquis au fil du temps une approche "global macro", couvrant toutes les classes d'actifs (matières premières, devises, taux, actions) pour se forger une opinion plus acérée sur les marchés. Il met son expérience acquise ces dernières années à votre service dans Levier7, la Porsche des services de trading sur produits dérivés. Pour en savoir plus

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