Les secteurs défensifs à la peine en période de remontée des taux

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Responsable d’un service de trading sur CFD

Comme je le disais dans mon précédent article, la remontée des taux longs observée depuis le début du mois amène différentes implications. Si à la base ce mouvement est favorable aux actions par un phénomène de “vases communiquants” — lorsque l’appétit pour le risque revient, l’argent sortant des produits obligataires se reporte sur les actions –, une autre conséquence est cette fois moins réjouissante… surtout pour les secteurs défensifs.

Une remontée des taux longs rend les ratios d’évaluations plus “tendus” ; en particulier pour les secteurs défensifs, très endettés.

Le taux sans risque
Quand vous achetez une action, c’est qu’elle est, pour vous, sous-évaluée : le cours actuel ne reflète pas la réalité comptable. Pour arriver à cette évaluation, on utilise différents modèles de valorisation tels que les comparables boursiers, le P/E (Price Earning Ratio) ou encore le DCF (Discounted Cash Flow) qui consiste à actualiser les flux de trésorerie futurs.

Quelque soit la méthode d’évaluation choisie, la composante commune est ce que l’on appelle le “taux sans risque”. Il s’agit par exemple de l’OAT en France ou du Bund en Allemagne. En raison de sa forte corrélation avec les TNotes américains, on constate depuis le début du mois une nette remontée des taux longs en Europe. Le rendement du Bund qui flirtait avec les 2% au plus bas en août repasse aujourd’hui les 3%.

Utilisé entre autres dans la méthode DCF, le MEDAF permet de déterminer le coût des fonds propres d’une société. La perception de cet agrégat dépend, comme nous allons le voir, de l’évolution du taux sans risque.

Le MEDAF
Le calcul par le MEDAF (Modèle d’Evaluation Des Actifs Financiers), la formule de calcul du taux de rendement requis (K) est la suivante :

K= Rf + ß (Rm – Rf)

Sachant que :

  • Rf : taux sans risque (du Bund allemand en ce moment, produit le plus sûr) ;
  • ß : Béta de la société ;
  • (Rm – Rf) : prime de risque (différence entre le rendement d’un actif -dividende pour une action- et le rendement sans risque).

Analysons la situation pour un titre comme France Telecom. Cela nous donne la chose suivante :

  • ß = 0,6 (le titre bouge historiquement moins vite que le marché, les fluctuations du marché sont atténuées) ;
  • Rm = 8,75% (le dernier dividende payé est de 1,40 euro pour un cours de Bourse de 16 euros à la mi-décembre).

Comparons les résultats avec différentes hypothèses de taux sans risque :

  • Avec un taux de rendement du Bund à 10 ans à 2,4% (comme c’était le cas cet été) : K= 0,024 + 0,6 x (0,0875 – 0,024) = 6,2% ;
  • Dans l’hypothèse actuelle, avec un taux de rendement du Bund à 3,1% : K= 0,031 + 0,6 x (0,0875 – 0,031) = 6,5%.

Les secteurs défensifs sous-performent
Le coût des capitaux propres de notre valeur défensive augmente proportionnellement au taux sans risque. Il augmente d’ailleurs d’autant plus que le bêta de la valeur est faible. Car effectivement le choix d’une valeur comme France Telecom n’est pas anodin. Elle fait partie des valeurs “sensibles”.

En effet, les secteurs défensifs (à faible bêta) sont traditionnellement les moins performants en période de remontée des taux — l’augmentation du coût de la dette pénalise ces groupes peu cycliques mais fortement endettés.

Pour autant, et d’une manière plus large cette fois, la remontée des taux longs renchérit à terme le coût de l’emprunt ce qui a tendance à réduire la capacité d’investissement des entreprises, et ce quelque soit le secteur cette fois.

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Mathieu Lebrun

Mathieu Lebrun est analyste financier. Il commence sa carrière chez Fortis Banque pour intégrer la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. En 2004, il intègre un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu'analyste technique et obtient son diplôme d'Analyste Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis).

Depuis près de 10 ans, il s'est donc forgé une solide expérience sur les marchés financiers. Au printemps 2010, il décide de créer un service de trading simple et efficace : Agora CFD .

Il optimise le potentiel des CFD avec deux stratégies complémentaires :
- D'un côté, des prises de positions actions en levier 10 avec l'"Onde de Choc "
- De l'autre, des stratégies automatiques simples et peu chronophages (car préprogrammées) visant à "jouer" les publications des statistiques économiques phares en levier 20 sur l'or, le brut et les indices, avec le "Flash Trade ".

Pour ses abonnés, il combine à merveille sa lecture des différentes classes d'actifs (taux, forex, indices, "commo") et leur corrélation pour en tirer le meilleur. Et le moins que l'on puisse c'est que ses résultats parlent pour lui : une performance globale cumulée de +875% (depuis le 1er juillet 2010 au 31 decembre 2011) ... à découvrir de toute urgence !

Un commentaire
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  1. Bonjour,
    Vous avez cité France Telecom comme exemple.
    Est-ce que Veolia et Vivendi sont dans le même cas de figure ?
    Merci,
    Cyril.

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