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Le fait marquant de la semaine dernière réside assurément dans la remontée des taux longs. Si dans un premier temps cet élément est favorable aux marchés actions — l’argent se reporte sur d’autres classes d’actifs présentant un rapport rendement/risque plus attrayant –, ce mouvement n’en est pas moins à l’encontre de ce que souhaitait M. Bernanke avec son QE2 (Quantitative Easing) annoncé début novembre.
En effet, l’achat de bons du Trésor par la Fed doit, en théorie, contribuer à accroître leur valeur — donc à réduire leur rendement. Les nouveaux bons qui seront émis devront présenter le même taux pour susciter l’intérêt du public. La perspective de taux longs plus faibles à l’avenir sont donc censés accroître la demande “immédiate” de papier.
◊ Le TNote repasse au-dessus des 3%
Si le marché obligataire (TNote US) avait initialement bien réagi aux rumeurs de nouvelle intervention de la Fed à partir de début septembre — les contrats ont progressé entre septembre et novembre dernier –, force est de constater que depuis l’annonce officielle du 3 novembre d’un plan de 600 milliards de dollars, les tensions sur les rendements sont de nouveaux palpables.
En d’autres termes : les taux longs repartent à la hausse. D’ailleurs, même quand Ben Bernanke évoque sur CBS le 5 décembre la “forte probabilité d’un QE 3″ — alors que l’on venait de prendre connaissance d’un rebond du chômage à 9,8% en novembre –, le rebond sur les contrats tourne court…
En cause : Barack Obama. Moins de 48 heures après, le président américain annonce en effet un compromis fiscal qui vise à prolonger les baisses d’impôts mises en place par l’administration Bush. Il n’en fallait pas moins pour raviver la pression haussière sur les rendements des taux longs. Le TNote à 10 ans est ainsi repassé au-dessus du seuil psychologique des 3% en atteignant 3,33% vendredi dernier, un plus haut depuis début juin.
◊ Quelles implications sur les marchés ?
La finalité de cette “extension fiscale” est évidemment de soutenir la croissance. D’ailleurs, le célèbre fonds obligataire Pimco a rapidement revu à la hausse ses prévisions de croissance pour l’économie américaine la semaine dernière. Ainsi, pour le quatrième trimestre, Pimco table désormais sur une croissance de l’économie américaine comprise entre 3 et 3,5% (par rapport au T4 2009), soit un point de plus que sa précédente fourchette estimative (2/2,5%).
En termes d’implications de marché, si l’argent sorti des contrats se reporte dans un premier temps, et d’ailleurs comme à chaque “sortie de crise” sur les indices actions, c’est à plus long terme avec des craintes inflationnistes que le bât blesse.
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Comme vous le constatez avec la comparaison faites sur les deux graphiques ci-dessus : les taux longs baissent au début de chaque crise (janvier 2000/juillet 2007). Les investisseurs se reportent sur l’obligataire pour son côté sécuritaire, ce qui pousse mécaniquement à la baisse les rendements — les taux évoluant en sens inverse des prix.
A titre d’exemple du rôle de “valeur refuge”, en pleine panique après la faillite de Lehman Brothers, le rendement des TNotes était tombé à 2,03% en décembre 2008. A l’inverse, les taux longs remontent en sortie de crise — comme par exemple en juin 2003 ou encore en février 2009.
◊ Quelles conséquences pour les Bunds allemands ?
Alors que certains courtiers s’attendent à une poursuite de l’envolée des rendements — le plus agressif étant Jefferies qui voit le rendement du TNote à 10 ans atteindre les 5% l’année prochaine –, je pense personnellement que les tensions en Europe sur les dettes souveraines pourraient venir freiner ce mouvement, notamment vis-à-vis des Bunds allemands.
Car, et c’est à mon sens un autre risque pour 2011. Si les taux longs allemands, qui présentent une corrélation historique forte avec les TNote US, venaient à progresser trop fortement, il y a fort à parier que la situation sur les pays périphériques d’Europe devienne insoutenable.
Dit autrement : si la rémunération de la signature allemande — la plus sûre d’Europe — venait à dépasser les 4% par exemple, il y a fort à parier que les rendements demandés pour détenir de la dette espagnole ou italienne ne soient plus uniquement de 5% comme c’est le cas en ce moment.
En résumé, si une hausse des taux longs indique historiquement que l’économie réelle va mieux, on est malgré tout en droit de s’interroger sur l’impact que ces pressions inflationnistes pourraient avoir à terme…



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Poursuivre le débat
[...] Comme je le disais dans mon précédent article, la remontée des taux longs observée depuis le début du mois amène différentes implications. Si à la base ce mouvement est favorable aux actions par un phénomène de "vases communiquants" — lorsque l'appétit pour le risque revient, l'argent sortant des produits obligataires se reporte sur les actions –, une autre conséquence est cette fois moins réjouissante… surtout pour les secteurs défensifs. [...]
21 déc 201008:03