Ca bouchonne sévère à proximité des stations services françaises. L’image est assez surprenante. Des enfilades de voitures, pare-chocs contre pare-chocs, tirant sur de longues (très longues) distances à une heure plutôt matinale – ou vespérale au choix. Cela promet des heures de queue en perspective et quantité de perles à enfiler…
Lundi, douze raffineries françaises étaient à l’arrêt. Les Français craignent la pénurie. Le gouvernement évoque des “tensions d’approvisionnement”. La presse quotidienne suppose que “plus de 2 500 stations seraient à sec” tandis que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) déclare que la France aurait déjà commencé à pomper dans ses stocks — ces derniers représentent 30 (stocks industriels) à 60 jours (stocks de Sagess) de réserve, soit un total de 90 jours.
La contestation contre la réforme des retraites gronde autant sur les pavés que dans les raffineries. Face à ce constat, les prix à la pompe rencontrent une légère progression. De même, Reuters nous apprenait lundi soir que “le blocage engagé il y a une semaine, qui a provoqué la quasi-paralysie des douze sites français de raffinage, a poussé à la hausse les contrats à terme sur les produits raffinés, puis les cours du brut”.
Intéressant non ? Anecdotique ? Probablement. En effet, les matières premières — dont le pétrole — n’ont pourtant pas nécessairement besoin d’une petite grogne hexagonale pour s’envoler. Isabelle Mouilleseaux, de l’Edito des Matières Premières & Devises, s’en étonne elle-même :
“Depuis les mois de juin-juillet, le rebond des matières premières est exceptionnel.”
Regardez le tableau ci-dessous :
Pour notre spécialiste des matières premières “cette hausse n’est pas logique” et “la demande ne peut pas véritablement expliquer la hausse des cours. Il y a un lien entre la hausse des matières premières et la baisse du dollar. La corrélation est forte.” Mais pour elle il y a autre chose :
“Il y a deux autres formes de demande sur le marché. Qui n’ont rien à voir avec la demande industrielle.
Et ce sont elles qui, à mon avis, poussent les matières à la hausse. Or elles n’achètent pas pour ‘reconstituer des stocks’, ‘produire’, ou ‘consommer’. Contrairement à la demande des industriels :
- tout d’abord, il y a la demande des investisseurs ‘spéculateurs’ ;
- et puis il y a les investisseurs qui cherchent la ‘sécurité’.“
Elle vous explique tout, en détails, dans son article.
Mais alors comment pouvons-nous nous positionner sur le secteur pétrolier ? Est-ce encore possible ? Jérôme Vinerier se pose la question suivante : “Faut-il parier sur un rattrapage ou bien, au contraire, sur une aggravation de la situation ?” Pour lui l’important est surtout de bien choisir vos titres.
Matières à Profits s’est également saisi de la question. Oui il y a encore des opportunités et de belles opérations à faire… et notamment en pariant sur une petite compagnie pétrolière texane. Tout est expliqué ici…




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