NYSE : configuration de krach pour l’automne

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Par Mathieu Lebrun analyse technique et responsable d’un service de trading sur CFD

En fin de semaine dernière, vendredi dernier plus exactement, un signal technique connu sous le nom de “présage d’Hindenburg” est apparu à New York — cette dénomination fait directement référence au crash du Hindenburg, un dirigeable allemand, en 1937.

L’utilisation empirique de cet indicateur vise en effet à détecter — notamment sur le New York Stock Exchange — les périodes durant lesquelles les probabilités d’un krach ou d’une chute sévère des valeurs boursières augmentent.

L’apparition récente de cet indicateur technique laisse présager un probable début de mouvement baissier sur les marchés actions… Dans certains cas, il est même annonciateur d’un krach boursier.

Une combinaison rarissime de cinq variables techniques

Comment se calcule cet indicateur ? Il est composé de différentes variables techniques. De manière synthétique, les cinq critères suivants doivent être réunis :

1. un nombre important de valeurs cotées sur le NYSE — représentant plus de 2,2% des échanges enregistrés sur la séance — inscrivent un nouveau plus haut annuel. Le même jour, un nombre similaire de titres inscrivent, quant à eux, un nouveau plus bas sur un an glissant — donc au cours des 52 dernières semaines ;

2. le nombre de valeurs inscrivant de nouveaux plus hauts ne doit pas être plus de deux fois supérieur au nombre de nouveaux plus bas sur l’année glissante ;

Pour étayer ces deux premiers points un petit commentaire s’impose. En effet, contrairement à une tendance “saine”, le fait que ces deux événements surviennent simultanément n’est pas un gage de sûreté.

Dans un marché “sain”, un minimum d’uniformité est requis. En se basant de manière symbolique sur quelques-unes des plus grandes valeurs américaines, ce constat est rapidement visible. Nous avons par exemple des titres comme DuPont, Caterpillar ou McDonald’s qui sont au plus haut. A l’inverse, des actions comme Bank of America ou Cisco sont au plus bas. Comme on le voit ici, d’un point de vue sectoriel, ces écarts touchent tous les segments cycliques.

3. l’indicateur de tendance McClellan doit être inférieur à 0 ;

4. la moyenne mobile à 10 semaines sur le NYSE doit avoir une pente ascendante ;

Sur le graphique ci-dessous du Russell 3 000, l’indice large américain (pris sur une base hebdomadaire), vous pouvez constater que ces deux conditions sont réunies. Pour des raisons techniques, je ne peux vous afficher l’indicateur McClellan. Toutefois, le MACD — visible ici — et dont la méthode de calcul n’est pas si éloignée, respecte bien la condition numéro 3. De plus, la pente de la MM à 10 semaines s’est redressée depuis la fin juin, notamment grâce à des publications trimestrielles globalement supérieures aux attentes.

Graphique de l'indice Russell 3000 en données hebdomadaires

5. Enfin, pour être confirmé, le présage d’Hindenburg doit survenir au moins deux fois au cours des quatre semaines suivant l’apparition du premier signal. En ce qui nous concerne, la date à retenir est le jeudi 12 août 2010 à la clôture.

75% de risque de correction à l’automne

Dans un passé assez récent, la validation de ce critère — apparu à trois reprises les 13, 21 et 22 juin 2007 — avait par exemple été constatée avant l’éclatement de la crise des subprime. Et on connaît tous la suite… un krach de plus de 50% jusqu’en mars 2009. Sur ce point, il est d’autant plus intéressant de noter que les divers krachs enregistrés sur le NYSE depuis 1985 ont TOUS été précédés par ce fameux présage.

Ce fait est d’autant plus intéressant à remarquer quand on analyse les mouvements constatés sur les marchés et la demande pour les actifs peu risqués. On voit ainsi que le contrat sur le Bund (taux longs allemands, la référence de la sécurité) s’est littéralement envolé depuis deux semaines. Il en est d’ailleurs de même sur le T-Note (taux longs US). Conséquence de quoi, les rendements — qui évoluent en sens inverse des prix — sont désormais sur des plus bas historiques.

Le Bund (taux long allemand, synonyme de sécurité)

Graphique du T-Note (taux longs US)

Pour les mêmes raisons, l’or, qui semblait parti pour une belle correction, vient de repasser au-dessus des 1 200$ tandis que le dollar, qui ne cessait d’être attaqué depuis deux mois, s’est vivement redressé. Sur ce dernier point, les commentaires prudents de la Fed ont en effet conduit l’EUR/USD à chuter de plus de 3 “figures” sur la seule journée du 11 août.

Il faudra donc constater une détente sur ces actifs très sûrs au cours des toutes prochaines semaines pour permettre une extension du rebond sur les indices actions. Il est d’ailleurs assez surprenant de constater la relative bonne tenue des indices actions depuis le début du mois. La question est désormais de savoir si la trêve estivale et la traditionnelle absence de bon nombres d’intervenants en est la cause et s’il faut donc craindre un rattrapage à la baisse des indices dès la rentrée.

Seul l’avenir nous le dira mais, une chose est sûre, les différents scénarios de marché qui découlent de la validation du signal d’Hindenburg restent historiquement très “mitigés”.

Différents scénarios sont possibles. Retenez simplement que, si ce signal se confirme, et dans l’hypothèse la plus optimiste, les chances d’une baisse du marché de 5 à 10% d’ici la fin de l’automne sont d’environ 75%… Mieux vaut donc garder cela en tête pour la rentrée qui pourrait bien être de nouveau agitée !

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Mathieu Lebrun

Mathieu Lebrun est analyste financier. Il commence sa carrière chez Fortis Banque pour intégrer la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. En 2004, il intègre un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu'analyste technique et obtient son diplôme d'Analyste Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis).

Depuis près de 10 ans, il s'est donc forgé une solide expérience sur les marchés financiers. Au printemps 2010, il décide de créer un service de trading simple et efficace : Agora CFD .

Il optimise le potentiel des CFD avec deux stratégies complémentaires :
- D'un côté, des prises de positions actions en levier 10 avec l'"Onde de Choc "
- De l'autre, des stratégies automatiques simples et peu chronophages (car préprogrammées) visant à "jouer" les publications des statistiques économiques phares en levier 20 sur l'or, le brut et les indices, avec le "Flash Trade ".

Pour ses abonnés, il combine à merveille sa lecture des différentes classes d'actifs (taux, forex, indices, "commo") et leur corrélation pour en tirer le meilleur. Et le moins que l'on puisse c'est que ses résultats parlent pour lui : une performance globale cumulée de +875% (depuis le 1er juillet 2010 au 31 decembre 2011) ... à découvrir de toute urgence !

2 Commentaires
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  1. La Rédaction sur 31 août 2010 à 10:47

    Mathieu Lebrun a été interviewé par Le Monde sur le présage d’Hindenburg:

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/08/27/le-diabolique-presage-de-l-hindenburg_1403374_3232.html

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