L’été sera caliente en Espagne

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Par Sébastien Duhamel, responsable analyste de @Turbos Trader, un service de trading ultra-réactif sur les produits dérivés

Dès le mois de janvier, alors que l’on commençait à peine à entendre parler des problèmes de dettes des pays de l’Europe du Sud, j’évoquais dans ces colonnes le cas de l’Espagne. J’envisageais un coup de froid imminent sur l’indice espagnol, l’Ibex.

L’indice dépassait alors les 11 900 points, après une progression de plus de 80% depuis mars 2009. Cela me semblait contraster avec la situation économique du pays, le plus touché en Europe par la baisse de l’immobilier, et qui compte 20% de chômage. Surtout, la configuration technique de l’indice espagnol me faisait anticiper une correction sur les 9 800 points.

Depuis, en février dernier, nous avons rebondi sur les 9 900 points. Ensuite, au mois de mai, l’objectif de correction a été atteint et dépassé, pour finalement toucher un point bas à 8 500 points le 8 juin, avant de rebondir violemment depuis début juin sur des niveaux graphiques importants.

Sur le plan économique, la situation de la péninsule ibérique n’a pas beaucoup évolué, mais les niveaux de valorisation sont maintenant beaucoup plus en phase avec celle-ci qu’ils ne l’étaient au mois de janvier. En outre, la situation technique de l’indice a elle aussi évolué. En ce début de semestre, c’est donc l’occasion de revenir sur ce pays clé de la Zone euro, et sur les perspectives de l’indice espagnol pour les prochains mois.

Une surperformance notable

Dans la phase de correction que les indices ont connue entre janvier et juin, l’Ibex a compté parmi ceux qui ont été les plus volatils, et qui ont subi les corrections les plus sévères — certes moins que la Grèce mais beaucoup plus que les indices allemand ou français. Cette volatilité est un point important à souligner.

Comme nous le voyons sur le graphique ci-dessous en données journalières, la configuration graphique de l’indice espagnol est différente de celle du CAC40, du Dow Jones ou encore du Dax.

Graphique de l'IBEX35 en données journalières

En effet, alors que le Dow Jones ou le Dax ont tenu dans la zone de support de leurs plus bas de février, l’indice ibérique a été plus faible dans la correction. Il a accéléré plus nettement à la baisse et a atteint la zone des 8 500 points.

Comme souvent, ce point bas ne s’est pas fait n’importe où. Il correspond à un support horizontal, et surtout au retracement de 61,8% de tout le mouvement de progression entamé depuis mars 2009. C’est donc un solide support à moyen terme.

Depuis ce point bas, on note, en comparaison aux autres indices, une forte surperformance de l’Ibex dans le rebond. Après la faiblesse de ces derniers mois, cela est tout à fait logique. Ce phénomène nouveau devrait donc se poursuivre.

Sur le plan des indicateurs mathématiques, les plus bas de juin ont été réalisés en divergence baissière sur le RSI à 14 jours — ce qui nous a alertés sur une situation d’excès. L’indicateur avait en effet commencé sa remontée dès fin mai alors que l’indice continuait à baisser. Il confirme désormais la tendance haussière de l’indice à court terme, en tenant solidement au-dessus de son oblique ascendante.

Quels objectifs pour les prochains mois ?

Tant que nous restons au-dessus du support majeur des 8 500 points, on peut donc s’attendre à une poursuite du rebond de l’Ibex durant l’été — avec des mouvements violents à l’intérieur de celui-ci comme nous en avons connus ces dernières semaines. L’indice devrait en outre continuer à surperformer le CAC40 et le Dax, et se montrer plus vigoureux que ses homologues européens à court terme tout en étant plus volatil.

A moyen terme, après la correction en trois phases depuis janvier, il existe une possibilité que celle-ci se soit terminée à 8 500 points, mais il est encore trop tôt pour le confirmer à cette échelle. Nous aurons de toute façon l’occasion d’y revenir le cas échéant.

A court terme, la cible du rebond sur l’indice ibérique serait la zone de résistance horizontale des 10 800 points. Elle correspond également à une vague C selon la théorie elliotiste. Le test de ce niveau sera très important et pourrait entraîner une réaction des vendeurs. A court terme, on sera donc particulièrement attentif à l’approche de celui-ci. Si ensuite nous le dépassons, nous pourrions alors accélérer en direction des plus hauts d’avril dernier à 11 500 points.

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Sébastien Duhamel

Sébastien Duhamel est diplômé de l'Institut national des Télécommunications, de l'université Paris-Dauphine, et d'un MBA Finance.

Après avoir travaillé dans différentes banques comme BNP Paribas ou la SGAM, et chez plusieurs courtiers en bourse, il se spécialise en analyse technique, qui le passionne depuis une dizaine d'années.

Il a travaillé dans ce domaine pour les particuliers comme pour les plus grands établissements financiers (banques, sociétés de gestion d'actifs, hedge funds). Il s'est d'abord spécialisé sur les actions, couvrant successivement les actions européennes, américaines, canadiennes, et suisses pour divers professionnels.

Il a acquis au fil du temps une approche "global macro", couvrant toutes les classes d'actifs (matières premières, devises, taux, actions) pour se forger une opinion plus acérée sur les marchés. Il met son expérience acquise ces dernières années à votre service dans Levier7, la Porsche des services de trading sur produits dérivés. Pour en savoir plus

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