Jérôme Revillier, analyste et responsable d’un service de trading sur le Forex
C’est une semaine sous haute pression que s’apprête à vivre le Royaume-Uni. Le pays doit en effet composer avec une dette gigantesque et une situation économique précaire.
L’élection du nouveau gouvernement s’est faite dans la douleur avec une coalition de centre-droite ; le pays est désormais face à d’immenses défis. Une industrialisation vieillissante, un secteur des services sinistré — surtout celui de la finance qui était, jusque-là, la locomotive du pays.
Cette dernière semaine avant l’annonce du plan de rigueur de David Cameron, le 22 juin prochain, promet d’être agitée pour la devise de Sa Majesté.
◊ Une équation complexe à résoudre
Alors que l’inflation se situe à 3,7% en rythme annuel, l’équation de la Banque d’Angleterre est de plus en plus complexe à résoudre. En effet, cette inflation empêche de recourir au quantitative easing — au risque d’affoler les marchés et les agences de notation — mais la faiblesse de la croissance efface l’idée même d’un resserrement de taux.
Et comme partout dans le monde, c’est bien entendu l’emploi qui semble être la principale clé de ce problème à multiples inconnues. C’est donc avec une grande vigilance qu’il faudra attendre ce matin vers 10h30 le chiffre officiel du chômage qui, s’il n’était pas à la hauteur des estimations — 25 300 demandeurs de moins attendus –, pourrait définitivement condamner le gouvernement à l’exploit politique pour préserver le triple A.
◊ Prévisions de croissance en berne
Lundi soir, le bureau de la responsabilité budgétaire (OBR) — nouvelle institution indépendante née au lendemain des élections –, a fait savoir qu’il prévoit désormais une croissance de 1,25% pour 2010 et seulement 2,8% pour 2011 contre près de 3,25% attendus par l’ancien gouvernement.
Si l’on ne peut ignorer la portée politique de ces chiffres — qui préparent le terrain pour le plan de rigueur du 22 juin –, ils placent tout de même le pays dans une situation très inconfortable. Et si de nombreux autres Etats sont dans ce cas, la dette du Royaume-Uni, elle, est équivalente à celle de la Grèce ou de l’Espagne.
De nombreux économistes notent avec pertinence que la situation n’est toutefois pas exactement la même. La capacité de la Grande-Bretagne à créer de la richesse est bien plus importante que les pays actuellement sur la sellette. Mais maintenant, il va falloir le prouver !
◊ La livre en direction des 1,40$
Alors que la paire GBP/USD rebondissait dans le sillage des marchés en début de semaine, la nouvelle de la dégradation de la note de la Grèce est venue semer le trouble.

Graphique quotidien GBP/USD
Désormais si un rebond vers 1,5140$ est plausible en cas de franchissement à la hausse des 1,48$, la pression baissière reste forte et une nouvelle vague de correction pourrait tout à fait se mettre en place pour un retour sur 1,40$ à moyen terme.
Bons Trades.
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