Alors que le roi dollar poursuit son ascension et que les paris quant au timing de relèvement des taux directeurs de la Fed s’affinent, j’ai choisi cette semaine de jeter un oeil outre-Atlantique sur les principaux distributeurs américains. C’est à l’aide d’un outil graphique très simple mais pourtant essentiel – les lignes de tendances – qu’à l’aube de la publication des résultats de Wal-Mart, je vais vous donner mon sentiment sur la tendance de ce secteur. Ceux qui commencent à me connaître savent que j’attache une grande importance au fait de pouvoir rattacher des chiffres macro ou micro-économiques à des constatations graphiques. Allons-y donc avec, comme à l’accoutumée, mes deux étapes.
◊ La consommation se redresse…
Sur le plan fondamental, je dois avouer que je ne sais pas où donner de la tête tant les dernières informations sur le secteur de la distribution sont porteuses. Fin janvier, c’est l’influente banque d’affaires Goldman Sachs qui avait relevé son conseil sur Wal-Mart, passant d’une opinion “neutre” à un conseil d’”achat” tout en augmentant son objectif de bénéfice par action à 4,11 $ (contre 3,97 $ jusqu’ici). Le 4 février, le numéro deux du secteur, Macy’s, a vu les ventes de ses à magasins ouverts depuis plus d’un an (à périmètre constant) progresser de 3,4% au mois de janvier. Cette hausse est d’autant plus remarquable que les analystes anticipaient une contraction de 0,1% ! Sur la même période, Limited Brands (un autre distributeur américain) a vu ses ventes bondir de 6% là où le consensus envisageait seulement 0,4% de croissance. Enfin, vendredi dernier, les chiffres des ventes au détail au mois de janvier sur l’ensemble du territoire américain ont affiché une progression de 0,5%. Ce chiffre, ici aussi supérieur aux attentes des économistes, est d’ailleurs une conséquence directe de la légère embellie constatée dernièrement sur le front de l’emploi.
Dans la perspective de la publication des comptes de Wal-Mart ce jeudi, cet élément a toute son importance. Car en effet, de manière assez logique me direz-vous, j’ai constaté une corrélation significative entre ces chiffres de la consommation et la qualité des comptes du géant américain publiés la semaine suivante…
… Plutôt encourageant donc. Qu’en est-il maintenant du côté technique ?
◊ Des lignes de tendances graphiques intéressantes
Comme leur nom l’indique, les lignes de tendances vous permettent de matérialiser le directionnel des cours. Toutefois, un petit rappel pratique : pour qu’elles soient valides, il nous faut impérativement trois points de contact. En effet, je constate trop souvent qu’une utilisation abusive est faite de ces lignes avec seulement deux niveaux d’appui – vu sous cet angle, une multitude de droites sur un même graphique peuvent alors être tracées… Revenons à nos moutons. Regardons de plus près les droites de tendances visibles sur les graphiques de Wal-Mart et de Macy’s.

Sur Wal-Mart, nous remarquons une première droite descendante qui a coiffé le titre à quatre reprises entre octobre 2008 et juillet 2009. Une seconde, cette fois ascendante, a été confirmée en novembre 2009 : la tendance est donc haussière depuis cette date sur le leader mondial de la distribution.

Même constat sur Macy’s. Les cours du numéro deux du secteur ont accéléré au-dessus d’une résistance descendante qui maintenait une pression baissière depuis octobre. Le franchissement à la hausse de cet obstacle en fin de cette semaine dernière matérialise un regain d’intérêt acheteur.
Enfin, autre avantage – non négligeable par ces temps agités –, le secteur de la distribution est nettement moins volatil que le S&P 500. Par exemple, Wal-Mart réduit nettement le risque de marché, puisqu’avec un bêta de seulement 0,65, la volatilité du titre est 35% moins forte que celle de son indice de référence. En conséquence, alors que les fondamentaux et l’analyse technique tirent dans le même sens (le tout avec un risque de marché restreint), cela m’amène à penser que la publication des comptes annuels prévue ce jeudi pour Wal-Mart pourrait bien surprendre… très favorablement.
Pour finir, laissez-moi devancer l’une de vos interrogations, qui devrait pouvoir se résumer ainsi : en pratique, comment puis-je en profiter ? Evidemment, vous pouvez toujours prendre position sur Carrefour, qui réagira probablement jeudi. Mais mieux, une position directe en CFD sur la valeur américaine serait bien plus performante…



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