Cher trader,
Marc Mayor a cette capacité à appuyer là où ça fait mal. J’imagine que vous êtes désormais confortablement installé dans le train de la hausse, que vous regardez les plongeons de 2008 et 2009 comme un lointain souvenir que vous raconterez dans quelque temps à votre aîné en disant : “Moi, j’ai vécu la crise des dot.com et des subprime”, ajoutant — non sans une pointe de fierté, tel un Indiana Jones ayant survécu aux pires aventures de la décennie — “Imagine, à ce moment-là, le CAC40 perdait quasiment 60% ! Je peux te dire qu’on a eu chaud… Heureusement, ton père est un malin ; j’ai tout regagné par la suite“.
Car oui, ça y est ; ces krachs sont entrés dans l’histoire collective. Ils font partie de votre inconscient d’investisseur… c’est-à-dire un vague souvenir lointain qui évoque une vague sensation désagréable – mais vous ne savez plus vraiment pourquoi.
Alors, l’article de Marc est un article comme je les aime. Loin des idées reçues, loin du consensus… il vous sort un peu la tête du troupeau… et vous réveille. Un peu brutalement, certes. Car vous commenciez à somnoler et à vous enfoncer dans le confort du consensus et de l’optimisme généralisé. Oui, je sais, c’est confortable. Je sais, vous n’avez pas envie de vous en sortir.
C’est un peu comme moi, le matin en ce moment… Impossible de sortir de sous la couette ; il fait trop froid dehors, il neige trop, il fait trop nuit, le boulevard de la Villette où sont nos bureaux est trop venteux… Je préfère rester à somnoler et à me dire que je n’ai pas vraiment besoin d’aller travailler aujourd’hui. Que ça peut se faire sans moi… qu’après tout, le monde tourne sans Le Billet du Trader, et qu’à quoi bon les marchés… que je pourrais rester là, sous la couette, au moins une semaine au chaud sans bouger.
Ça, c’est un doux rêve bien confortable. Mais au bout du 11e rappel du réveil… et du 29e grognement de mon cher et tendre, la réalité fait brusquement surface : je suis en RETARD ! Et de toute évidence, 19 minutes pour me lever, me préparer, descendre le chien et arriver au bureau, c’est juste impossible.
Conséquence : je suis et serai en retard ; c’est irrattrapable pour cette fois, et ce qui est perdu, est perdu. Pourtant, je m’étais promis, hier matin, de ne plus me laisser avoir ! Au premier son de l’alarme : hop, debout, vite, vite, sans réfléchir, tant pis si j’ai 15 minutes d’avance !
Vous voyez vaguement ce que je veux dire ? Le lien avec la Bourse ? Non ? Bon, en clair : c’est bien beau de rêver et de rester sous la couette, mais quand la réalité arrive à votre conscience… il est en général trop tard. Toujours pas ?
Je décrypte : prenez les devants, et n’attendez pas que la réalité (visualisez la réalité comme le bilan de votre compte-titres ou, si cela vous aide, votre chère et tendre qui y jette un coup d’oeil par-dessus votre épaule) vous saute en pleine face, et qu’elle vous réveille brutalement en hurlant “Tu as ENCORE perdu 30% en un mois ! 2007, 2008 et 2009 ne t’ont pas suffi ? Il te faut combien de signaux d’alarme pour que tu prennes tes précautions ?!“
Oui, je sais, quand la réalité vous saute à la figure, ce n’est jamais agréable. Enfin bon, entre l’article de Marc Mayor aujourd’hui, et celui, notamment de Philippe Béchade* hier, on peut déjà dire que nous vous avons lancé au moins deux alarmes cette semaine.
Réveillez-vous quand vous le voulez… mais pas trop tard quand même !
Bons trades
Nathalie Boneil
*PS : Et encore une fois, vous devriez écouter la stratégie quotidienne de Philippe au 0 899 88 20 36** pour ne pas vous faire surprendre par le marché et prendre vos précautions pour couvrir votre portefeuille.
**1,35 euro + 0,34 euro / minute.
Pour la Belgique : composez le 902 33110, chaque appel vous sera facturé 0,75 euro / minute.
Pour la Suisse : composez le 901 801 889, chaque appel vous sera facturé 2 CHF / minute.



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