Le Nasdaq : une nouvelle version de 9 semaines et demie ?

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Puisque chaque jour qui passe renforce les investisseurs dans leur croyance en une perpétuation illimitée de la hausse (l’appétit pour le risque est à son zénith après huit semaines consécutives de progression), il nous est apparu logique de nous intéresser au Nasdaq qui cumule désormais un gain de +39,5% (soit 8% de plus que le CAC40) depuis son plancher des 1 265 pts du 9 mars dernier.

Le mouvement en cours est le plus puissant qu’ait connu ce marché électronique sur un laps de temps aussi court depuis sa création : en étant très optimiste, on pouvait tabler sur la matérialisation d’un rebond de +38,2% qui correspond à un des plus classiques des dérivés du ratio de Fibonacci… Mais c’était faire preuve de manque d’ambition puisque le Nasdaq Composite flirte désormais avec les +40%.

S’il apparaît clairement que l’ex-zénith du 4 novembre 2008 à 1 780pts constitue un rendez-vous graphique majeur avant que l’indice ne puisse s’attaquer à la résistance des 1 896 pts, le Nasdaq reste fragilisé par un gap laissé béant à 1 654 pts le 23 avril et ce dernier risque d’exercer sa “force de rappel”.

Les gains du Nasdaq des neuf dernières semaines écoulées sont seulement comparables aux rally haussiers de fin septembre à fin novembre 2001 (+45% en 11 semaines de progression dont 2 de consolidation) puis de mi-octobre à début décembre 2002 (+38% en neuf semaines de hausse, dont une seule de stagnation).

Et puisque nous en sommes aux comparaisons, les deux références historiques mentionnées ci-dessus sont de parfaits exemples de l’incapacité du Nasdaq à préserver des gains trop rapidement accumulés dans un contexte de dégradation conjoncturelle durable.

Les deux pics indiciels de fin 2001 et fin 2002 ont à chaque fois précédé un retour en force de la récession et du chômage aux Etats-Unis dans les six mois.

Mais restons optimistes. Lors de la rechute de mars 2003, le Nasdaq n’avait effacé que 50% de ses gains (contre -120% entre janvier et octobre 2002) bien que le PIB américain ait continué de reculer jusqu’au début de l’été 2003.

Si le même scénario se répétait, la correction ramènerait les cours vers 1 515/1 520 pts, c’est-à-dire bien au-dessus des planchers du 25 mars au 1er avril dernier.

[Ndlr : Philippe a une véritable mémoire des marchés, une expérience de plus de 20 ans qui en font un analyste hors pair, et qui lui permettent d'anticiper des tendances et des mouvements que les systèmes, outils et autres modèles mathématiques ne vous donneront jamais. Le 19 juin prochain, il vous exposera ses perspectives pour le deuxième semestre... et confrontera les fondamentaux de l'économie mondiale à ce que nous disent les outils techniques. Réservez votre place dès maintenant et découvrez le programme de cette journée de l'AT ici]

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Philippe Béchade

Philippe Béchade rédige depuis dix ans des chroniques macroéconomiques quotidiennes ainsi que de nombreux essais financiers. Intervenant quotidien sur BFM depuis mai 1995, il est aussi la 'voix' de l'actualité boursière internationale sur RFI depuis juin 2002. Analyste technique et arbitragiste de formation, il fut en France l'un des tout premiers 'traders' mais également formateur de spécialistes des marchés à terme. Rédacteur aux Publications Agora, vous trouvez chaque jour ses analyses impertinentes des marchés dans La Chronique Agora.

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