Des signaux de reprise technique s’ébauchent outre-Atlantique depuis les 20/23 janvier dans des secteurs tels que le parapétrolier, les services informatique (SSII), le matériel électrique… et même l’aéronautique.
La tentation de consacrer quelques lignes à des titres comme Halliburton, Conoco Philips, Peabody Energy ou Chesapeake (qui baignent dans la thématique de l’or noir) était grande depuis le début du mois de février, à cause de l’apparition de configuration de retournement haussier en “tête/épaules” inversée, de triangles haussiers, de biseaux ascendants (certains datant de la mi-octobre et au plus tard du 20 novembre 2008).
Mais à force d’accumuler des cas particuliers qui viennent rejoindre la cohorte des titres lancés sur la pente ascendante depuis deux mois (le redressement des indicateurs de force relative et de vélocité l’atteste), il vient un moment où il suffit qu’un facteur technique exogène modifie légèrement l’environnement global pour que de nombreux titres en ballotage adoptent la polarité de ceux appartenant à des secteurs d’activité ayant déjà opté pour une dynamique directionnelle sans ambiguïté.
◊ Attention aux T-Bonds
Le déclic pourrait être l’amorce d’une consolidation long terme sur les Bons du Trésor américains, dont le rendement s’est tendu de pas moins de 75 points de base en trois semaines (sur les maturités de 10 à 30 ans) : cela représente déjà un sérieux paquet de moins-values pour ceux qui sont venus y chercher refuge du 23 décembre au 23 janvier dernier.
Il suffirait d’un repli supplémentaire de -1% des Treasuries pour que tous les gains accumulés depuis le 20 novembre dernier achèvent de s’évaporer.
Or justement, c’est bien le comportement des actions depuis la période du 24 octobre au 20 novembre 2008 (le point bas de référence depuis juillet ou octobre 2007), puis du 21 novembre au 23 janvier 2009 qui nous paraît intéressante — à double titre.
◊ Les indices nous préparent-ils un retournement ?
Il est très aisé de constater, même en regardant le graphique du Dow Jones ou du Nasdaq le plus basique, que des creux indiciels sont inscrits tous les mois et qu’une période de temps double sépare les deux trous d’air d’octobre et novembre de celui de janvier. Les eliottistes se souviendront que c’est un cas de figure classique lorsque les indices se préparent à un retournement majeur et qu’il importe finalement assez peu que le plus bas ait effectivement été matérialisé lors du dernier accès de faiblesse du marché.
L’autre observation troublante, c’est que la séquence octobre 2008/janvier 2009 constitue une copie conforme — mais sur échelle de temps trois fois plus courte — de celle qui avait matérialisé le paroxysme des pressions baissière de début juillet 2002 à mars 2003 (avec l’amorce du redressement survenant autour du 10 octobre 2002)… Et le plus troublant, c’est que les oscillations des trois derniers mois s’inscrivent globalement dans la même zone de cours pour le Dow Jones et le S&P500.
◊ L’analyse technique parie sur la répétition des scénarios
Comparaison n’est pas raison mais l’analyse technique recommande de ne pas rejeter par principe l’hypothèse de la répétition d’un scénario connu lorsque trois composantes au moins sont analogues. Dans le cas qui nous occupe, le Dow Jones vient de retrouver un soutien à successivement 7,880/7,500/7,850 points contre 7,530/7,280/7,520 points en 2002/2003 avec des intervalles de quatre et huit semaines contre 12 et 24 semaines.
Si jamais les indices US ne parviennent qu’à amorcer un rebond technique (beaucoup d’investisseurs s’en contenteraient d’ici la fin du 1er trimestre), il faudra attendre 16 semaines de plus pour voir le Dow ou le S&P inscrire de nouveaux planchers graphiques long terme, ce qui laisse effectivement pas mal de temps pour reprendre 25 ou 30%.
Tout comme en 2003, le Nasdaq vient de distancer le Dow Jones depuis le 20 novembre 2008 et le phénomène s’amplifie depuis le 23 janvier. C’est dû au handicap constitué par le poids des financières et des bancaires dans l’indice industriel.
Les technos ont donc pris un net avantage mais la contre-performance du Dow est biaisée : l’analogie 2002/2008 n’est donc pas totalement concluante même si la concordance du timing est parfaite.
La cassure des 7,450 points sur le Dow Jones prouverait effectivement que l’histoire ne se répète pas… mais l’analyse technique n’existerait pas si ce principe se vérifiait dans plus de 40% des cas.



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